Je profite de l’occasion du premier billet pondu sur ce blog pour 2010 (même si le mois de Janvier tire déjà à sa fin) pour vous souhaiter à vous personnellement, mes Chers Lecteurs, ainsi qu’à votre Famille, tous mes vœux de Bonheur, de Joie, de Santé et surtout de Paix pour cette Année qui démarre.
Voici plus d’un mois que je n’ai pas pris ma « plume ». Et cela ne résulte ni d’une lassitude (qui peut s’expliquer, je pense) ni d’une panne d’inspiration. Il y avait simplement une nécessité de faire une introspection personnelle pour essayer de gérer au mieux cette envie de hurler et ces tripes qui se nouent, en voyant que 2009 est partie, 2010 est arrivée, mais que malheureusement, c’est le seul et unique changement qui ne fait de mal à personne, et qui ne prête à aucune polémique de la part de tous les analystes de tout acabit.
Une nouvelle année amène à ressasser le passé, entraîne des questionnements sur le présent, et bien que nous soyons des mortels qui ne sont point maîtres de nos lendemains, c’est également une occasion pour se projeter vers l’avenir. Et cela amène forcément à une question qui obnubile l’Homme depuis la nuit des temps : de quoi demain sera fait ?
Un réflexe, somme toute normal et simplement humain, amènerait à faire un simple report à nouveau, ce terme comptable qui amène au principe d’intangibilité entre la situation de clôture d’une période et la situation d’ouverture de celle qui la suit. Mais faut-il pour autant suivre ce principe en ce qui concerne la vie de notre Nation, Madagascar ?
Allons-nous continuer cette année à nous perdre dans les dédales de la confusion ? Allons-nous dans notre quotidien se conditionner et conditionner notre entourage dans la haine et l’inimitié ? Allons-nous passer notre temps à chercher à démontrer que seuls les autres ont tort et que nous détenons une (et non LA) vérité ? Allons-nous passer notre temps à épuiser les dictionnaires du monde dans toutes les langues pour proférer entre nous toutes sortes d’injures, à tel point qu’il n’y a plus qu’un pas pour que l’exhibition de notre prétendue intelligence ne puisse plus avoir comme autre vecteur que la seule virulence de nos mots ?
Allons-nous continuer à exprimer machinalement et mécaniquement notre refus permanent, sur et contre toutes choses?
Les solutions constructives, réalistes, lisibles, applicables pour sortir la Nation de la situation présente manquent. Au-delà de ce que nous aimons ou de ce que nous rebutons, ma réflexion m’amène à demander ce que nous apportons véritablement pour construire ou plutôt pour reconstruire notre Nation?
Des pertes incommensurables dans notre Pays ? Oui, il y en avait, il y en a, et même, c’est malheureux de le dire, il y en aura encore. Mais cela justifie-t-il le fait que les seules actions qui peuvent être engagées sont des inventaires quasi macabres du passé ? Allons-nous passer notre temps à compter les morts ou plutôt devons-nous nous investir pour sauver des… vies ?
Justice y aura. Des hommes, peut-être. Divine, certainement selon la Foi qui est mienne, n’en déplaise à ce Cher VANF qui me classera certainement d’inféodé dangereux. Mais au-delà, nous devons agir pour changer en mieux, en commençant par nous-mêmes, notre proche entourage, l’organisation dans laquelle nous appartenons. Car au-delà des problèmes que ce Pays traversent, encore une fois, ce sont nos valeurs du Fihavanana qui sont en pleine crise. C’est notre Civisme qui est en totale déliquescence. C’est notre Humanité qui part en lambeaux à tel point que nous préférons lutter pour que nous ayons raison et que les autres aient tort, même si cela nous amènera à être indifférent par rapport à cette misère économique, intellectuelle et morale qui ne cesse de gangrener notre Société.
La vraie crise sera pour demain, quand cette majorité de jeunes dans notre Pays sera appelée à prendre les rênes d’un Pays qui sera en ruines ! La vraie crise sera pour demain, quand tous ces sans-emplois, et pire ces « sans perspectives », devront agir par instinct de survie, sur cette Grande Ile « qui n’a d’autres voisins immédiats que les requins » comme le disait le Poète Rabemananjara ! La vraie crise sera pour demain quand ces femmes et hommes de labeur se lasseront de travailler la terre pour cause de faillite économique due à une pression spéculative sans limites et en raison d’une recrudescence de l’insécurité qui dépasse tout entendement .
Oui, chacun suivant ses possibilités pourra chercher et sera tenté d’aller voir ailleurs. Sous d’autres cieux, plus cléments. Oublier. Mais, n’ayant aucunement l’intention ni la prétention de devenir un moralisateur ni un objecteur de conscience, j’estime que nous pouvons tout faire pour effacer d’un trait notre Citoyenneté, nos origines, mais que nous n’y arriverons pas sans que nous acceptions de nous mentir à nous-mêmes.
Pour cette nouvelle Année, refusons de baisser les bras ! Attelons-nous à exploiter convenablement et avec éthique chaque opportunité qui s’offre à nous pour rétablir cette Paix sociale et ce Lien qui nous unit, pour aboutir à une refondation de cette Nation. Et au-delà du devoir de le faire, nous avons le Pouvoir de le faire. Et ça, j’y crois !
Tahionao ry Zanahary, ity Nosindrazanay ity !