Publié par : A. RATSIZAFY | mai 8, 2009

Ne riez pas…

La situation actuelle? C’est véritablement à se demander s’il faut en rire ou en pleurer! 

J’ai été plus que troublé en voyant la première note du Ministre des Finances de la Transition (Réf. 07-MFB/SG/DGI) qui a déboulé sur ma boite mail hier soir.  La forme et le fond de la missive sont à la fois hilarants et désespérants.

Sur la forme, l’Emetteur étant membre d’une autorité de transition extra constitutionnelle, c’est à se demander comment peut-on avoir un véritable courage de commencer sa note de décision par l’expression “Vu la Constitution”. Cela devient problématique c’est vrai car à la place, il n’y a pas grand chose, mais je ne l’ai pas vu venir celle-là, attendu que la Constitution malagasy est de facto au moins suspendue, si ce n’est caduque.

Et sans se prévaloir d’une perfection personnelle en matière d’orthographe, l’inscription en majuscules et en gras, dans l’en-tête, indiquant “LE MNISTRE DES FINANCES…” (j’ai bien écrit et reproduit …mnistre) fait tâche. Ce n’est qu’une lettre, le  i, qui a été omise. Mais une i…ntelligence aurait amené le signataire ou sa secrétaire de relire ou au moins d’utiliser le module de vérification d’orthographe avant de la finaliser et de l’amplier au public concerné. Et le problème du “i” revient avec des fautes telles “Direciton” ou “Contibuables”. Un Ami pro régime actuel me disait en blaguant que forcément la seule explication qui tient est que “c’est une secrétaire de sensibilité TIM (parti du Président déchu) qui a frappé le texte”. Eureka !

Sur le fond, la note de décision se résumait à un rabaissement du plafond d’impôt payable directement au niveau des recettes fiscales.  Si auparavant, à partir de 100.000 Ariary (soit 35 € environ), le contribuable a obligation de régler par virement bancaire au Trésor, désormais, celui-ci a obligation de procéder ainsi à partir de …50.000 Ariary (17,50 € environ), soit la motié.

Contrairement à l’aspect forme, il y a trop de “i” : inimaginable, inadapté, inconcevable, irrationnel.

Les caisses de l’Etat sont réputées vides, et la confiance n’est pas de mise, mais là où le bat blesse c’est d’arriver à un stade où l’on prend ce genre de décision sans prendre en compte la réalité.

Au Ministère :

  • Comment peut-on ignorer que les toutes petites entreprises, même urbaines, sont encore rarement bancarisées? J’évoque le cas de ces petites entreprises, majoritaires,  vu le seuil d’impôt obligatoirement payable par virement. Les moyennes et grandes entreprises se trouvent largement au-delà pour une session de paiement.
  • Comment peut-on ne pas savoir que réaliser un virement au Trésor coûte en frais et commissions bancaires 12.000 Ariary hors TVA soit 4,30 € environ, ce qui représente 24% du seuil indiqué? 
  • Comment peut-on faire abstraction, du fait que réaliser un virement bancaire ne dispense pas de l’obligation de faire une longue queue  par deux fois, auprès des centres de recettes? La première pour présenter sa copie estampillée par la banque de son ordre de virement, et la deuxième, quelques jours si ce n’est quelques semaines après pour obtenir une quittance de paiement (car, bien sûr, la présentation d’un ordre de virement accusé réception par une banque n’est pas synonyme d’exécution effective de cet ordre).

Ô Mama mia ! Où irons-nous demain?

Je n’ai pas bu en postant cet article et je fournirai le texte à qui me le demande, mais j’en ai vraiment la bouche I et non plus B (bée).

Heureusement que le timbre date à la fin de la décision est quasiment illisible, et je ne suis pas à même depuis hier soir de déterminer si cela date du 30 Avril 2099, 2088, ou 2089. Le deux dernières positions du timbre date semblent avoir subi les nuisances de cafards ou autres espèces de nos amis les animaux.

Au moins, c’est une note Intemporelle.


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